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vendredi 25 juillet 2008

VESTIGES GRAPHIQUES

Cible: éclairer sa lanterne sur un énorme trou noir. Pour ce, un quart de siècle plus tard, Ari (l'auteur-réalisateur), pour chasser des cauchemars oppressants, entame un laborieux et complexe travail de mémoire. Jeunes recrues du Tsahal à l'époque (1982), les ex- compagnons sont encore aujourd'hui traumatisés et perturbés. Flash dark douloureux et reconstitution historique incertaine à cause d'une envie d'oublier si forte.
Cette immersion dans les eaux sales du conflit a bazardé leur jeunesse et les illusions qui vont avec. Quelques bribes de vie normale subsistent: Enola gay, les sorties en boîte et le patchouli.
Pourtant les images obsédantes prédominent. Des lueurs aveuglantes de terreur. Traumatisant à jamais. Faire la lumière sur le rôle de cette armée israélienne s'heurte à cette amnésie (ou hallucination) collective. L'ombre de Sabra et Chatila plane et les fusées éclairantes lancées autour de ces deux camps obscurcit les souvenirs. Puzzle à jamais incomplet, ces soldats ne savaient pas grand chose et ne voulaient surtout pas savoir.
D'une grande beauté graphique, Ari Folman atteint son dessein.