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mercredi 17 septembre 2008

LE BOURGE EST CHOUETTE A FJALLBACKA !

Fjallbacka,paisible bourgade suédoise: Erica Falk, auteur(e) de biographies, croyait connaître parfaitement l'endroit. Son retour au patelin a été dicté par la mort subite de ses parents. La principale difficulté des affaires de successions est d'avoir hérité d'un beau frère vraiment insupportable. Une mauvaise nouvelle en appelant une autre, son amie d'enfance Alexandra est retrouvée nue et tailladée dans sa baignoire. Une seule lueur pour ce come-back aux sources: ses retrouvailles avec Patrick Heldstrom, un ancien amoureux transi devenu inspecteur.
Fouineuse mais pas téméraire, le genre détective au foyer, Erica se retrouve face à une double problématique: en quête du beau policier ou comment le mettre rapidement dans son lit puis enquête sur la mort bien mystérieuse de sa copine. Vraiment dans de beaux draps!
Dans les deux cas, il faut briser la glace! Le cheminement vers l'élucidation du meurtre refroidit. Obsédés par leur respectabilité, les notables de Fjallbacka ont érigé un glacier de mensonges. D'une froideur à vous glacer les os!
Quand aux préoccupations à la Bridget Jones de l'Erica, l'auteur de ces lignes ne polluera pas votre plaisir de lecteur. Nos deux tourtereaux vont- ils rester de glace? Vous le saurez ...
Camilla Lackberg est une curiosité, un croisement improbable entre Danièle Steel et Georges Simenon. Peut en agacer certains ....

mardi 16 septembre 2008

GRANDE PECHE AU BARGE


En s'abattant sur Stoney Calhoun, la foudre a donné vie à un personnage du tonnerre! Un amnésique en plein décor 100% naturel. Après la découverte d'un corps calciné,en un éclair, le guide de pêche Calhoun retrouve des réflexes d'enquêteur de très haut niveau. Ce type d'aptitude n'échappe pas à son ami, le shérif Dickman

Quoique attachant, Calhoun est un bourru de la pire espèce. Littéralement allergique aux nouveaux moyens de communications, aux casse-pieds et à l'alcool (par obligation), il bougonne des "ouaips" en guise de réponse étayée. Suffisent à son bonheur: les parcours de pêche, les montages de mouches et son épisodique mais intense relation adultérine avec sa patronne. Des plaisirs simples au milieu des grands espaces.

Seul un cadavre supplémentaire (de sa connaissance, cette fois-ci) et la trop longue fugue de son chien Ralph arriveront à le faire mordre à l'hameçon. Calhoun, sans savoir se l'expliquer, connaît le métier (mais lequel précisément!!) et devient l'adjoint incontournable pour ferrer le gros poisson. Ouaips, ouaips, hourra

dimanche 31 août 2008

MONSTRUEUSEMENT HUMAIN

Harvey redonne de la couleur à la noirceur sans faire dans le morbide ostentatoire. Sa marque de fabrique: un style tout en élégance, des personnages fascinants et complexes, des histoires très élaborées. Grâce à cet explorateur des cerveaux malades, le roman de procédure policière atteint des sommets de justesse. Harvey traque le pire des serials killers: le tueur lambda, anodin à la vie bien rangée. Du quasi -indémasquable!
Franck Elder, dans ce troisième volet d'une trilogie (De chair et de sang, de cendres et d'os: il est conseillé de ne pas suivre mon exemple, il est préférable de les lire dans l'ordre pour mieux apprécier Elder), s'y attaque. Affrontant ses propres tourments et ses petites lâchetés; Elder abandonne ses Cornouailles fétiches pour résoudre la disparition d'une femme de 50 ans à la vie pas si nette avec le net. En retrouvant le cadavre de l'internaute, des similitudes avec un vieux crime non élucidé vont émerger. A force de recoupements, vérifications et supputations, Elder va s'enfoncer dans les ténèbres affolantes de l'insondable. Le policier de Nottingham déforeste minutieusement et se méfie constamment de l'arbre cachant la forêt. Les candidats au meurtre sont potentiellement légion. Rares sont les citoyens au dessus de tout soupçon. Harvey, par le prisme d'Elder, autopsie l'inhumain. Monstrueusement crédible!

vendredi 1 août 2008

PRESQUE DU BOGART


Sur certains points, Pierre Vernet correspond à la mythologie du détective privé à quelques détails prêts. Comme Bogart, Vernet boit du whisky mais raisonnablement, pas de virées éthyliques.
Comme l'icône au trench-coat, il reçoit à son bureau une beauté fatale, une actrice à succès belle et mystérieuse, bref, une femme dont on tombe facilement sous le charme. En guise de réplique couperet, notre "Marlowe" se précipite dans le cinéma le plus proche avec toute sa famille, savourer la prestation cinématographique de sa toute dernière cliente. Presque du Bogart!
Cette "Lola" se sent menacée et notre intrépide privé la retrouve morte dans sa baignoire. Son sang ne faisant qu'un tour, le limier de seconde zone va mener une filature chez "les peoples" de l'époque. Autant avec la chance caractérisant les anti- héros des hard boiled américains, une enquête à rebondissement aurait débouché à la résolution d'un sordide assassinat. Ici, l'hypothèse de la crise cardiaque flirte avec celle du suicide. Elémentaire, l'enquête de notre Bogart français?
Les résultats émerveillent au moins une personne, son fils fasciné par les coulisses du 7ème art, les culottes longues et les premières gorgées de Coca.
Atmosphère, atmosphère dans ce tendre hommage au cinéma populaire.

mercredi 16 juillet 2008

L' HEURT DE GLOIRE

Malgré sa haine pour Leeds United, Brian Clough a pourtant accepté d'en prendre les rênes en Juillet 1974. Ce nouveau manager s'est souvent affiché en principal détracteur de son prédécesseur dont il éxècre les manières.Retour à l'honnêteté et place au beau jeu! Tout un programme, le "Clough" du spectacle. Clough part en croisade pour ce graal là. Ses ambitions d'idéaliste cohabitent avec des méthodes de salaud.
Ex-buteur prolixe, Clough avec son fidèle compagnon Peter Taylor, un vrai dénicheur de talents, s'est construit une solide réputation d'entraîneur charismatique en conduisant l'obscur Derby County de la deuxième division au titre de champion d'Angleterre en 1972 devant Leeds. Avec ses pratiques d'odieux personnage, mais aussi ses beaux élans de générosité, Clough a su créer une telle osmose que "ses gars" étaient prêts à mener une grève lors de son renvoi.
A Leeds,habité par son projet, doté d'un égo titanesque,Clough, prêt à en découdre en permanence, bouscule et provoque ces joueurs au grand passé (Bremmer,Giles,Yorath,etc..). Il s'attire en un temps record la haine féroce des stars et l'hostilité des principaux dirigeants. Nuits d'insomnie. Vie obsessionnelle,100% foot.Chopes around the corner, alcool à gogo. Clough est prêt à mourir avec ses idées.
Bourré de références footballistiques, Peace a écrit le plus grand livre sur le métier de coach, sur cet homme seul face à tous.

lundi 19 mai 2008

L'EPAVE DE LA NAUFRAGEE

Le crime était presque parfait. En balançant son épouse à la baille, Chaz Perrone, escroc paresseux soi-disant docteur en biologie s'imagine que tout va baigner. L'imagination luxuriante de Hiassen transforme ce pathétique méchant en totale épave. Nageuse émérite, Joey, l'épouse a survécu et choisit d'exploiter au maximum son statut de naufragée. Repêchée par un ex-flic, Joey s'est offert une vraie bouée de sauvetage avec ce solide et expérimenté allié. Conscieusement, avec application, elle torpille la vie de son époux malfaisant.
Chaz, habitué à continuellement noyer le poisson, boit la tasse. Les déconvenues coulent l'assurance du bellâtre, la croisière s'amuse.

mercredi 7 mai 2008

LA MORVE DU PETIT CHEVAL

Franz Bartelt. Je pourrais rivaliser avec Katerine sur le nombre de "J'adore". J'ai découvert ce brillant auteur avec "le jardin du bossu", l'histoire d'un mec de gauche contraint et forcé de ramener du pognon par son épouse au foyer. Préférant la facilité à ses idéaux, il décide de détrousser un gugusse plein aux as et ivre mort. Notre gauchiste va payer très cher son héroisme à deux balles.
Pour démarrer cette saison de Manchette, "Nadada" croque des personnages en quête. D'un style pour le futur biographe peinant avec l'entame, le milieu et la fin. D'un papa pour un enquêteur indé baptisé "Moncheval" au pedigree incertain et potentiellement multiple. D'une maman pour l'assassin dont les sévices sont liés à sa dernière humiliation. De solutions ultra simples pour le flic le plus fainéant que les romans policiers n'ont jamais engendré.
Pour l'inhalation de gaz hilarant, n'oubliez pas ce nom, Bartelt!

vendredi 18 avril 2008

SALADE PIEMONTAISE

Le procédé de ce roman éveille une vraie curiosité. Chaque chapitre est précédé d'une strophe de la chanson dédiée à Colombano. Perissinotto étoffe le couplet en tentant de nous expliquer pourquoi on veut tailler le tailleur de pierre, son écriture s'applique à ne pas être anachronique. Dans un décor aride, dans un marécage d'obscurantisme, un juge Ippolito Berthe résiste face à la vindicte populaire accusant d' une manière ou d'une autre, Colombano des quatre meurtres de ses voisins. Pourquoi tant d'acharnement! Le magistrat se livre à un sacré combat rhétorique pour innocenter Colombano, n'hésite pas à s'impliquer personnellement pour défendre sa conviction, affronte les croyances populaires pour percer la vérité. Sous des latitudes si rudes, à cette époque encore moyenâgeuse (1533), mener une enquête nécessite le talent de se poser les bonnes questions pour éviter "la question". Ippolito se torture l'esprit.
Cette salade piémontaise d'antan renvoit un bel écho (ou Eco) au "Nom de la rose". Tout aussi captivant et érudit.

BRASSES IN THE POCKET

Léon est un con! Buté par accident, sa piètre côte de popularité engendre un faux témoignage unanime pour couvrir le malheureux assassin. Le cadavre porte un costard et tout le monde, police comprise, voudrait enterrer "l'affreux" au plus vite. Le quartier de God's Pocket, banni des dieux, et la séduisante maman ne l'entendent pas de cette oreille. Le beau père, mafioso à la petite semaine, pour redonner du lustre à son couple en pleine débâcle, essaye d'offrir un bel enterrement à ce satané Léon. Mickey, l'homme en question, avec son art de miser sur le mauvais cheval, engloutit la cagnotte de la communauté aux courses. Dès lors, inhumer Léon devient très compliqué. Pour parfaire la situation déjà délicate, la mafia (en pleine décomposition- recomposition) et la presse avec un journaliste qui s'amourache de la mère éplorée viennent compliquer ce funèbre tableau.
Ce premier roman fait preuve de beaucoup de Dexter(ité)! Un plongeon en apnée, une nage en eaux troubles et de vraies brasses coulées vous attendent dans ce croustillant portrait de Philadelphie. Pas de quartier!

samedi 29 mars 2008

AMERIQUE A LOBBYTOMISER

D'une grande précision historique, Evangelisti vous décortique les enjeux sociaux, politiques et économiques des naissants Etats-unis. Une vraie mine de renseignements sur les manoeuvres souterraines. Le gisement inépuisable d'alliances, de traîtrises et de conspirations écorne les mythes fondateurs américains, la légende prend un sacré coup de grisou. Pantera, un tueur à gages relativement antipathique (mais on l'adopte quand même) passe d'un camp à l'autre au gré des commanditaires. Possédants cyniques (souvent anglais) contre possédés déchirés par de vieux antagonismes (parfois irlandais). Le duel raticide est inévitable, l'amérique des lobbys s'installe! Aucun risque de s'ennuyer comme un rat mort avec ces histoires de taupes et ces épatantes galeries de personnages des bas fonds. Le Germinal made in Usa doit vous conquérir, charbons ardents

lundi 17 mars 2008

LA CALABRE ET LA FOURMI

Halte en Calabre. Après une affaire tumultueuse avec la mafia, Salvo Riccobono, policier borné (limite un peu con parfois, peut coucher avec une femme sans lui demander son prénom) mais amateur de littérature et de rugby pour les bons cotés, est muté pour se faire oublier. Sous le regard bienveillant de son supérieur, il reprend son travail de fourmi. L'évocation d'un commissariat au quotidien avec ses filatures interminables, les montées d'adrénalines et les grosses frousses ne range pas ce policier dans la catégorie des super héros. L'enquête méticuleuse et laborieuse sur des petits traficants de drogue va donner un grand coup de pied dans la fourmilière.
Quand "la flippe" fut venue, surgit enfin le gros morceau à combattre, une dangereuse association de malfrats: la N'drangheta.
Par sa justesse,vaut son pesant de (di) carats!

dimanche 9 mars 2008

L'ABBEY DES CHAMPS

Balancer des canettes de bière dans la nature n'empêche pas une conscience écologique développée. Chez Abbey, le combat est ailleurs. Une jolie pépette pas farouche, un vétéran du vietnam encore vert, un polygame mormon et un étrange médecin mécène forment un quatuor explosif en lutte contre toutes les souillures imposées à la nature. Travaillant à la dynamite ou à la molette, le gang déglingue du caterpillar et autres hideuses machines avec une conviction de bulldozer. Les zigotos un poil barjots d'Abbey nous livrent un grand numéro vert! Enfin un vrai roman à clefs qui ouvre les portes d'une réflexion écologique politiquement incorrecte. Drôle et subversif, le sernom tout en verdeur d'Abbey doit tout naturellement finir entre vos mains. Trop dommage de vous priver de désert!

mercredi 27 février 2008

FLUO CARYL




Dans "Raclée de verts", obnubilé par l'AS Saint Etienne, un supporter refait le match avec son chien Janvion. Sa décision est prise, il ne faut plus vendanger les occasions, quitte à employer la mort subite pour redonner du lustre à son club fétiche et en finir avec tous ces points noirs qu'il a fallu encaisser: Les Giresse, Amisse et autres satanés munichois. L'heure de la revanche a sonné et les pendules doivent être remises à l'heure. Maintenant sur la tactique employée...
Sans vouloir casser "La Branche", ce brillant et imaginatif texte était taillé trop court mais possède l'immense mérite de m'avoir révèler le talent de Caryl Férey, fan de foot et de rockn'roll.
Férey est un puncheur. Phrases courtes et cinglantes, écriture nerveuse, les coups atteignent le plus souvent la cible au service d'intrigues luxuriantes et d'une imagination fertile. J'ai tellement été férré que je me suis précipité sur la jambe gauche de Joe Strummer. Un Caryl de brut encore! Un flic délaissé de tous y compris par ses idoles (Joe a calanché) reprend goût à la vie. Du clash dans l'air!
Je n'hésiterai donc pas à reprendre le Férey-boat pour la Nouvelle Zélande, terre de prédilection de notre voyageur. "Utu" est la prolongation d' "Haka" (Dixit l'auteur qui refuse le terme de suite). A la mort (soi-disant un suicide) de son ami Fitzgérald, un flic dur et bourru à l'esprit bien perturbé a décidé d'affronter un climat local délètère et explosif pour percer la vérité. En bon connaisseur des maoris, Osborne n'ignore pas les vertus guerrières de ce peuple pratiquant le Utu, l'art de la vengeance. Du Osborne interactif.Connaissant les fulgurances de Férey, une marque aussi indélibile qu'un tatouage vous attend.
Ainsi se conclue ce petit éloge sans excès de ce brillant auteur de polar français

mardi 26 février 2008

FIDEL AU POSTE


Padura suggère les méfaits du régime cubain en castrant son texte de toute référence à Castro.
Cette précaution ne nuit pas à l'efficacité du propos. Au contraire! Fidèle à ce dogme, l'écriture érudite de Padura décrit un Cuba asphyxié sans tomber dans le pamphlet anti communiste. Le libelle maximo!
Présenté comme une métaphore, le personnage Mario Condé au patronyme décrivant sa fonction, doit malgré son homophobie latente, conduire une enquête dans le milieu artistique gay cubain. Cette immersion engendrera de complexes connexions pour déboucher sur un flic déstabilisé dans ses certitudes et sur une trilogie sale de La Havane (corruptions, censure et passé sulfureux du régime). Un brillant électr(o) -encéphalogramme d'une île en pleine décrépitude donne une irrésistible envie de lire tout Padura.

samedi 2 février 2008

AZTEQUES BANDANTS



Les tequilas "surprises" coulent à flots. Après la tortilla épicée signée Serna( La peur des bêtes), humez à pleines narines "le doux parfum de la mort". Malgré ses 21 grammes, Arriaga pèse lourd avec ses succès de scénariste inventif (Babel, Trois enterrements). L'auteur nous a cuisiné un "mole poblano" relevé en intégrant toute une palette d'ingrédients typiques rendant très singulière la mixture. Au pays des nachos et des machos, Ramon Castanos en délicatesse avec ses castagnettes doit pour apaiser la fureur de son entourage, venger son honneur après le meurtre de sa "présumée" promise.





vendredi 25 janvier 2008

LE BOOK EMISSAIRE

Estampillé "intello", Evaristo amoureux des lettres et des topless s'est réfugié dans l'alcool pour oublier les méthodes de tonton macoute de son patron, un commissaire promettant un sale temps pour les louches et plus particulièrement aux journalistes des canards persifleurs mexicains. Dès qu'Evaristo s'attache, plus rien ne colle! Dans son périple vers la vérité, il y a à boire et à se venger chez tous ses imbuvables: la "tante", chamula et les scribouillards. La collision des genres provoque un tollé. Une vraie faune (narcopoète, égérie égocentrique, assoiffés) grouille. Pour la restituer, l'écriture de Serna pleine de gouaille s'avère impitoyable et jubilatoire.
Une vraie "déglingue" de cet empire mexicain vous attend. Juste un petit reproche, nous avoir laissé sur notre "fin".